Troubles bipolaires, déterminisme physiologique ?

Troubles bipolaires, déterminisme physiologique ?

Le déterminisme physiologique c’est quoi ?

En ce qui concerne le déterminisme physiologique et/ou psychologique des troubles bipolaires,  il y a évidemment des facteurs génétiques, une vulnérabilité biologique et également des facteurs environnementaux. D’autre part, il ne faut pas négliger les facteurs psychologiques, par exemple, les traumatismes dans l’enfance qui pourront participer à l’émergence de ces troubles. C’est une pathologie complexe qui demande une réflexion globale, nous sommes faits de notre ADN et de notre histoire, l’émergence de la pathologie va découler de la biologie, de notre histoire avec un impact psychologique et des facteurs environnementaux qui interviennent sur les décompensations.

Toutefois, les scientifiques se questionnent aujourd’hui sur les origines génétiques des troubles de l’humeur, c’est toujours une grande question.

1 à 3% de personnes avec des troubles bipolaires

Dans la population générale, la prévalence du trouble bipolaire est de 1 à 3%, apparenté au premier degré avec un parent, cela passe à 10% et avec deux parents, cela passe à 30%. Ce sont des études qui signifient qu’il y a un risque, avec une part génétique dans ce déterminisme. Au 20ème siècle, les recherches génétiques sur les troubles de l’humeur suscitaient un grand enthousiasme, les scientifiques cherchaient le gêne de la psychose maniaco-dépressive mais ils n’ont pas réussi à l’identifier. A l’heure actuelle, ce sont sûrement de multiples gênes qui interviennent et il n’y a pas de gênes majeurs qui seraient entièrement déterminants dans l’évolution et l’apparition du trouble bipolaire. Des recherches ont été menées auprès d’enfants adoptés, là aussi, s’il y a un antécédent chez leurs parents bipolaires,  il y aura plus de risque pour eux de développer des troubles bipolaires. Ce sont donc les études épidémiologiques qui nous donnent ces arguments depuis plusieurs années.

Les troubles bipolaires, des troubles biologiques du cerveau ?

Certains spécialistes considèrent que les troubles bipolaires sont des troubles biologiques du cerveau. Il y a quelque chose dans les états maniaques qui va s’accélérer, les patients disent qu’ils ont l’impression qu’on a tourné le bouton sur « ON » et tout s’est accéléré. En effet, nous observons un régulateur qui dysfonctionne alors que dans la dépression les individus sont laissés dans un état d’inhibition totale, ils n’arrivent plus à penser, ils sont inhibés, il y a quelque chose au niveau du cerveau qui ne fonctionne plus, il n’y a plus d’élan vital.

Une phase dépressive chez un patient bipolaire peut survenir alors que tout va bien, il n’y a rien qui vient déclencher cela, mais, de temps en temps, des épisodes sont déclenchés par des situations de stress. Des facteurs psychologiques viennent donc déclencher cette phase dépressive ou maniaque, il y a un régulateur cognitif défaillant entraînant la mise en cause de fonctions physiologiques. Ainsi faut-il considérer que les troubles bipolaires sont générés par des facteurs physiologiques et psychologiques.

Finalement, nous remarquons que les patients bipolaires, placés soudain dans des situations très difficiles, vont faire face parce qu’ils seront renforcés durant la prise en charge psychiatrique,  ils  seront suivis plus régulièrement par le psychologue et par le psychiatre et pourront affronter l’adversité sans basculer dans un épisode dépressif ou maniaque

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