Différences entre schizophrénie et troubles bipolaires ?

Différences entre schizophrénie et troubles bipolaires ?

Schizophrénie et troubles bipolaires : des liens possibles ?

Dans certains états dépressifs ou d’exaltation maniaque, à des éléments délirants s’ajoute une augmentation de l’agitation. Le patient a des idées mégalomaniaques mais également des idées de persécutions, des idées de références, il a l’impression d’avoir des images qui lui sont adressées. Le diagnostic différentiel permet d’être plus attentif aux symptômes du patient afin de déterminer la nature et la gravité de sa maladie mentale. En effet, ses troubles émotionnels peuvent avoir les mêmes symptômes, plus ou moins proches, que d’autres psychopathologies. Est-ce que la schizophrénie ressemble aux troubles bipolaires ?

Nous sommes confrontés très régulièrement à ce type de diagnostic de type différentiel chez les jeunes qui prennent du cannabis ou des produits toxiques. Ceci va entraîner plus de phénomènes délirants et les prises en charge, elles aussi, seront différentes. Il y a des critères sémiologiques qui permettent de distinguer les manifestations psychopathologiques présentes chez les jeunes, mais il est vrai que lorsqu’un patient arrive en consultation alors qu’il a consommé du cannabis avec des idées délirantes, cela complique le diagnostic.

Comment différencier l’épisode schizophrénique du délire paranoïaque et du trouble bipolaire ?

En général, un épisode maniaque avec caractéristique psychotique est observé au niveau de l’humeur et des émotions, le patient reconnaît ses émotions avec une intensité tout à fait extraordinaire, le délire se construit au fur et à mesure et il est très réceptif à tout ce qui se passe autour de lui. Il va construire son délire, l’enrichir d’éléments extérieurs et se prendre au jeu rapidement. Le patient schizophrène, quant à lui, est beaucoup plus possédé d’un délire interne, et l’on observe alors des troubles de la pensée, des hallucinations et des états confusionnels très marqués.

Le trouble bipolaire de type 2 est une pathologie moins sévère tout en conservant les mêmes risques suicidaires pour le patient. Dans le type 2, les états d’exaltation sont moins marqués, ce sont les mêmes symptômes mais avec une intensité moindre, nous appelons cela des hypomanies, ce sont de « petites manies », de petits états d’exaltation. Dans ce contexte, le patient a une accélération des processus cognitifs, il pense plus vite, il ressent les émotions plus vivement, il est plus productif, plus audacieux et prend plus de risques.

Ce sont des états qui durent de manière un peu plus chronique parce qu’ils sont socialement corrects, c’est beaucoup moins bruyant, il ne va pas délirer et peut même à un certain moment être beaucoup plus performant. Ceux qui en pâtissent ce sont ses proches et ses relations interpersonnelles. il est impatient, il pense que les personnes autour de lui ne vont pas assez vite. Sa famille trouve que ce sont des moments difficiles à gérer, mais, dans certains cas, nous ne pouvons pas considérer son état comme vraiment délétère. Il est aussi très difficile pour lui de devoir traiter un tel épisode parce qu’il se sent bien, il dort bien, il est performant, il a l’impression de s’épanouir pleinement.

Malgré tout, à un moment donné, l’organisme va commencer à se retourner contre le patient, c’est comme une sorte d’homéostasie, l’organisme dit stop et plonge dans une grande dépression qui met un cran d’arrêt à toute cette excitation qui permettait de réaliser de grandes choses. Les patients décrivent ces petites phases maniaques comme s’ils étaient sous l’emprise de psychotropes puissants tels que la cocaïne ou les amphétamines.  La manie dure pendant 3-4 mois, puis bascule dans la dépression. Renoncer à cet état d’exaltation est extrêmement difficile parce que les patients bipolaires de type 2 sont performants, ce sont des leaders dans leur domaine, ils peuvent être très productifs mais, ensuite, ils vont être happés par ces dépressions de plus en plus sévères. Ils vont échapper aux soins de plus en plus longtemps et le diagnostic sera posé plus tardivement. Dans ce cas, la souffrance générée par la dépression est importante et le risque suicidaire très présent.

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