Y-a-t-il des facteurs de décompensation dans les troubles bipolaires ?

De temps en temps, les patients bipolaires vont avoir des facteurs de décompensation. Il suffit d’avoir une privation de sommeil, dans un contexte plus ou moins compliqué qui ne paraît pas forcement à haut risque, par exemple, un voyage avec un décalage horaire, avec des troubles du sommeil,  pour que cela génère des décompensations. Ainsi, il y a des facteurs plus ou moins insidieux qui peuvent provoquer le déclenchement des oscillations de l’humeur de ces patients.

Ceux-ci n’iront jamais chercher de l’aide dans l’hypomanie, mais ils iront consulter un médecin en phase dépressive et en général ne parleront pas des phases hypomaniaques parce qu’ils ne les considéreront pas comme pathologiques. Pour la famille et les amis proches qui constatent les signes d’une dépression, la phase dépressive est considérée comme normale, car finalement c’est le juste retour des choses, après l’euphorie vient la dépression, les proches relativisent les états de mal-être du patient. En consultation chez le médecin traitant, le psychiatre ou le psychologue, celui-ci exprimera son mal-être et dira avoir connu de nombreux épisodes dépressifs dans sa vie, et si le médecin n’investigue pas suffisamment la symptomatologie du patient, ce dernier sera traité comme une personne « unipolaire » avec prescription d’antidépresseurs au long cours. Et cela va aggraver l’évolution du trouble bipolaire. Alors les gens arrivent en mettant en avant qu’ils ont déjà fait des dépressions, et ils seront traités comme des gens unipolaires avec un traitement par antidépresseur au long cours et malheureusement c’est un traitement inapproprié car cela va aggraver l’évolution du trouble bipolaire.

Devant toute dépression sévère, surtout si elle survient avant 25 ans, une récurrence dépressive s’installe, sans qu’on ait pu en identifier les facteurs déclenchants ou si elle est déclenchée au cours de la grossesse ou postpartum . Nous devons alors poser la question de l’existence de troubles bipolaires, interroger le patient sur des périodes très particulières ou sur une période délimitée dans le temps. Si nous interrogeons uniquement le patient, dans 50% des cas, nous passerons à côté du diagnostic d’un trouble bipolaire parce que le patient ne l’aura pas très bien repéré lui-même. Par contre, si nous sollicitons l’aide d’une personne extérieure, apparentée ou proche, celle-ci va mieux repérer le trouble bipolaire et pourra nous indiquer des éléments pertinents. Ainsi, une prise en charge médicamenteuse et psychologique pourra être entreprise et sera adaptée à la problématique du patient.

La difficulté avec les troubles de l’humeur, c’est qu’on peut toujours savoir quand on se trouve dans une période où cela ne va pas. Il est facile de dire que nous sommes tous un peu cyclothymiques. Les émotions fluctuent, nous sommes plus ou moins bien en automne ou en hiver, puis, lorsque les beaux jours reviennent au printemps et en été, nos émotions sont moins tristes. De nombreux patients bipolaires sont beaucoup plus sensibles au caractère saisonnier pour des histoires d’horloge interne et de biologie. Nous traversons souvent des dépressions saisonnières causées en  partie par une réduction de la luminosité. Les bipolaires vont en souffrir, ils vont être ralentis comme s’ils hibernaient.

Le traitement médicamenteux des troubles bipolaires

Une prise en charge chimique et psychologique adaptée

Le problème majeur à l’heure actuelle est la prise en charge tardive des troubles de l’humeur, le diagnostic étant posé en moyenne après 10 ans d’évolution de la maladie. Entre ce début des troubles bipolaires et la prise en charge, il y a de nombreuses hospitalisations, des tentatives de suicide et progressivement la personne s’isole et se sent décalée par rapport au rythme de la société.

Les émotions sont un moteur formidable pour l’être humain, elles font de nous des êtres sensibles et nous font ressentir pleinement la vie. Il est indispensable d’avoir un contrôle relatif sur notre réactivité émotionnelle, le patient bipolaire, lui, n’a pas cette capacité de réguler ses humeurs et cela débouche sur des décompensations importantes avec des hospitalisations et un risque majeur de passage à l’acte suicidaire. La prise en charge médicamenteuse et psychologique du patient n’est pas mise en place pour supprimer ses émotions mais pour lui permettre de réguler ses humeurs afin qu’il puisse garder son ressenti singulier.

L’arythmie émotionnelle ne peut pas être réglée avec une posologie standardisée, c’est une évaluation clinique rigoureuse et adaptée selon la personnalité du patient qui permet d’avoir de bons résultats. A partir du moment où il y a une première décompensation, une prise en charge médicamenteuse et psychologique peut être envisagée pendant 2-3 ans, avec un suivi régulier permettant de suivre l’évolution des troubles bipolaires et d’évaluer plus précisément  la cyclicité des humeurs. Car, malgré le suivi, il peut y avoir de petites fluctuations qu’il sera important de repérer pour adapter la prise en charge.

Généralement, au bout de 5 ans sans décompensation, le traitement médicamenteux sera arrêté ou fortement diminué, un accompagnement psychologique pourra alors prendre le relais jusqu’à trouver un équilibre satisfaisant pour le patient.

Différences entre schizophrénie et troubles bipolaires ?

Schizophrénie et troubles bipolaires : des liens possibles ?

Dans certains états dépressifs ou d’exaltation maniaque, à des éléments délirants s’ajoute une augmentation de l’agitation. Le patient a des idées mégalomaniaques mais également des idées de persécutions, des idées de références, il a l’impression d’avoir des images qui lui sont adressées. Le diagnostic différentiel permet d’être plus attentif aux symptômes du patient afin de déterminer la nature et la gravité de sa maladie mentale. En effet, ses troubles émotionnels peuvent avoir les mêmes symptômes, plus ou moins proches, que d’autres psychopathologies. Est-ce que la schizophrénie ressemble aux troubles bipolaires ?

Nous sommes confrontés très régulièrement à ce type de diagnostic de type différentiel chez les jeunes qui prennent du cannabis ou des produits toxiques. Ceci va entraîner plus de phénomènes délirants et les prises en charge, elles aussi, seront différentes. Il y a des critères sémiologiques qui permettent de distinguer les manifestations psychopathologiques présentes chez les jeunes, mais il est vrai que lorsqu’un patient arrive en consultation alors qu’il a consommé du cannabis avec des idées délirantes, cela complique le diagnostic.

Comment différencier l’épisode schizophrénique du délire paranoïaque et du trouble bipolaire ?

En général, un épisode maniaque avec caractéristique psychotique est observé au niveau de l’humeur et des émotions, le patient reconnaît ses émotions avec une intensité tout à fait extraordinaire, le délire se construit au fur et à mesure et il est très réceptif à tout ce qui se passe autour de lui. Il va construire son délire, l’enrichir d’éléments extérieurs et se prendre au jeu rapidement. Le patient schizophrène, quant à lui, est beaucoup plus possédé d’un délire interne, et l’on observe alors des troubles de la pensée, des hallucinations et des états confusionnels très marqués.

Le trouble bipolaire de type 2 est une pathologie moins sévère tout en conservant les mêmes risques suicidaires pour le patient. Dans le type 2, les états d’exaltation sont moins marqués, ce sont les mêmes symptômes mais avec une intensité moindre, nous appelons cela des hypomanies, ce sont de « petites manies », de petits états d’exaltation. Dans ce contexte, le patient a une accélération des processus cognitifs, il pense plus vite, il ressent les émotions plus vivement, il est plus productif, plus audacieux et prend plus de risques.

Ce sont des états qui durent de manière un peu plus chronique parce qu’ils sont socialement corrects, c’est beaucoup moins bruyant, il ne va pas délirer et peut même à un certain moment être beaucoup plus performant. Ceux qui en pâtissent ce sont ses proches et ses relations interpersonnelles. il est impatient, il pense que les personnes autour de lui ne vont pas assez vite. Sa famille trouve que ce sont des moments difficiles à gérer, mais, dans certains cas, nous ne pouvons pas considérer son état comme vraiment délétère. Il est aussi très difficile pour lui de devoir traiter un tel épisode parce qu’il se sent bien, il dort bien, il est performant, il a l’impression de s’épanouir pleinement.

Malgré tout, à un moment donné, l’organisme va commencer à se retourner contre le patient, c’est comme une sorte d’homéostasie, l’organisme dit stop et plonge dans une grande dépression qui met un cran d’arrêt à toute cette excitation qui permettait de réaliser de grandes choses. Les patients décrivent ces petites phases maniaques comme s’ils étaient sous l’emprise de psychotropes puissants tels que la cocaïne ou les amphétamines.  La manie dure pendant 3-4 mois, puis bascule dans la dépression. Renoncer à cet état d’exaltation est extrêmement difficile parce que les patients bipolaires de type 2 sont performants, ce sont des leaders dans leur domaine, ils peuvent être très productifs mais, ensuite, ils vont être happés par ces dépressions de plus en plus sévères. Ils vont échapper aux soins de plus en plus longtemps et le diagnostic sera posé plus tardivement. Dans ce cas, la souffrance générée par la dépression est importante et le risque suicidaire très présent.

Troubles bipolaires, déterminisme physiologique ?

Le déterminisme physiologique c’est quoi ?

En ce qui concerne le déterminisme physiologique et/ou psychologique des troubles bipolaires,  il y a évidemment des facteurs génétiques, une vulnérabilité biologique et également des facteurs environnementaux. D’autre part, il ne faut pas négliger les facteurs psychologiques, par exemple, les traumatismes dans l’enfance qui pourront participer à l’émergence de ces troubles. C’est une pathologie complexe qui demande une réflexion globale, nous sommes faits de notre ADN et de notre histoire, l’émergence de la pathologie va découler de la biologie, de notre histoire avec un impact psychologique et des facteurs environnementaux qui interviennent sur les décompensations.

Toutefois, les scientifiques se questionnent aujourd’hui sur les origines génétiques des troubles de l’humeur, c’est toujours une grande question.

1 à 3% de personnes avec des troubles bipolaires

Dans la population générale, la prévalence du trouble bipolaire est de 1 à 3%, apparenté au premier degré avec un parent, cela passe à 10% et avec deux parents, cela passe à 30%. Ce sont des études qui signifient qu’il y a un risque, avec une part génétique dans ce déterminisme. Au 20ème siècle, les recherches génétiques sur les troubles de l’humeur suscitaient un grand enthousiasme, les scientifiques cherchaient le gêne de la psychose maniaco-dépressive mais ils n’ont pas réussi à l’identifier. A l’heure actuelle, ce sont sûrement de multiples gênes qui interviennent et il n’y a pas de gênes majeurs qui seraient entièrement déterminants dans l’évolution et l’apparition du trouble bipolaire. Des recherches ont été menées auprès d’enfants adoptés, là aussi, s’il y a un antécédent chez leurs parents bipolaires,  il y aura plus de risque pour eux de développer des troubles bipolaires. Ce sont donc les études épidémiologiques qui nous donnent ces arguments depuis plusieurs années.

Les troubles bipolaires, des troubles biologiques du cerveau ?

Certains spécialistes considèrent que les troubles bipolaires sont des troubles biologiques du cerveau. Il y a quelque chose dans les états maniaques qui va s’accélérer, les patients disent qu’ils ont l’impression qu’on a tourné le bouton sur « ON » et tout s’est accéléré. En effet, nous observons un régulateur qui dysfonctionne alors que dans la dépression les individus sont laissés dans un état d’inhibition totale, ils n’arrivent plus à penser, ils sont inhibés, il y a quelque chose au niveau du cerveau qui ne fonctionne plus, il n’y a plus d’élan vital.

Une phase dépressive chez un patient bipolaire peut survenir alors que tout va bien, il n’y a rien qui vient déclencher cela, mais, de temps en temps, des épisodes sont déclenchés par des situations de stress. Des facteurs psychologiques viennent donc déclencher cette phase dépressive ou maniaque, il y a un régulateur cognitif défaillant entraînant la mise en cause de fonctions physiologiques. Ainsi faut-il considérer que les troubles bipolaires sont générés par des facteurs physiologiques et psychologiques.

Finalement, nous remarquons que les patients bipolaires, placés soudain dans des situations très difficiles, vont faire face parce qu’ils seront renforcés durant la prise en charge psychiatrique,  ils  seront suivis plus régulièrement par le psychologue et par le psychiatre et pourront affronter l’adversité sans basculer dans un épisode dépressif ou maniaque

Les troubles bipolaires aujourd’hui

Une émission de France Culture abordait aujourd’hui les troubles bipolaires, voici la retranscription partielle de cette émission que j’ai trouvé intéressante !

La maladie bipolaire arrive aujourd’hui sur le devant de la connaissance. De nombreuses personnes publiques ont fait une sorte de « coming out » de leurs maladies mentales : B Poelvoorde, C. Zeta Jone, le peintre Garouste, etc. Le fait de dévoiler sa bipolarité au grand public permet d’aborder simplement cette maladie mentale, d’en parler plus librement et de dissiper les malentendus.

Plusieurs signes cliniques sont caractéristiques des troubles bipolaires. Par exemple, les processus cognitifs de la pensée s’accélèrent chez les patients. Ils se mettent à penser très vite en début de phase d’exaltation, c’est très jouissif pour eux, certains parlent d’intelligence cristalline, cela leur donne un sentiment de toute puissance, d’invulnérabilité, toutes les inhibitions sont bousculées.

L’épisode maniaque dans les troubles bipolaires

Lorsqu’un épisode maniaque survient et s’accompagne de délires, l’individu est très confus, le peintre Garouste en parle très bien : « je ne produis pas quand je suis dans un état maniaque et délirant ». Au début de l’épisode, les patients ont une petite manie quand ils commencent à avoir des symptômes. C’est un sentiment de toute puissance parce que la pensée est plus rapide, les émotions sont ressenties plus vivement, les impressions d’intuition sont décuplées, ils sont plus audacieux,  recherchent tous les plaisirs, ce qui peut entraîner quelques conséquences délétères , des excès dans tous les domaines. C’est réellement un sentiment très positif pour le patient qui renonce parfois à quitter cet état, il peut y avoir une prise de conscience de sa part mais il n’a pas envie de sortir de cet état maniaque qui lui procure du plaisir et lui donne l’impression d’avoir augmenté ses performances cognitives.

La comorbidité dans les troubles bipolaires

Nous savons que, dans 50 % des cas, les patients bipolaires auront au cours de leur vie des problèmes d’addiction (alcool, cannabis). Dans les phases d’exaltation, la recherche de plaisir est orientée par des activités et des abus festifs tandis que, dans les phases dépressives, l’individu cherche un état euphorique afin de lever l’inhibition caractéristique de la dépression, les drogues, par exemple, pourront l’aider à surmonter son manque d’élan vital. Généralement, les dépressions dans les troubles de l’humeur sont très sévères. 

Les idées suicidaires sont permanentes dans la phase dépressive. Il faut savoir que les troubles bipolaires sont une pathologie qui tue 15% des patients non traités, les morts par suicide sont fréquentes. C’est une pathologie qu’il faut prendre en charge rapidement…

Je publierai la suite dans quelques semaines…

L’épisode hypomaniaque

L’épisode hypomaniaque ou phase hypomaniaque

L’épisode hypomaniaque ou phase hypomaniaque désigne une manie minime, le préfixe « hypo » du grec ancien correspond à « sous, dessous, en dessous ». La phase hypomaniaque est caractérisée par une augmentation anormale d’une humeur euphorique ou colérique qui persiste dans le temps pendant au moins 4 jours. La crise hypomaniaque partage le caractère brusque et inhabituel du changement d’humeur présent dans la crise maniaque, l’individu est exubérant et hyperactif, la différence majeure avec la manie réside dans l’absence d’idées délirantes de grandeur et d’hallucinations.

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L’épisode hypomaniaque ne nécessite pas d’hospitalisation psychiatrique, mais engendre malgré tout des perturbations sociales et psychologiques chez la personne, par exemple sous la forme de relations conflictuelles dans l’entourage et au travail, par des conduites inadaptées qui peuvent avoir des conséquences dangereuses pour l’individu et pour son entourage. Dans une moindre mesure, la personne hypomaniaque peut réaliser des actes grandioses, avec des conséquences financières dommageables.

Comme dans la phase maniaque, un plaisir et une joie extrême sont ressentis dans les activités multiples de l’individu, dans ses relations sexuelles, ce dernier évoque un orgasme sexuel infini, il dort peu et ne ressent aucune fatigue apparente, ses dépenses sont nombreuses et ses investissements ne sont pas cohérents. Nous l’avons précisé, ces crises hypomaniaques peuvent durer entre plusieurs heures et quelques jours sans que la crise ne perdure dans le temps.

C’est la fréquence, l’intensité, la durée des épisodes et la souffrance éprouvée qui doivent être prises en compte dans la prise en charge psychologique de ces troubles psychiques. C’est donc selon les situations rencontrées dans son parcours, des phases de dépression ou d’exaltation, l’élément pathologique de cet état, etc.

En savoir plus :

La phase maniaque dans les troubles bipolaires

Phase maniaque

La manie désigne un état d’excitation dans lequel l’individu présente une sensation extrême avec une humeur élevée ou irritable et une énergie très grande. Cet épisode maniaque incite l’individu à entreprendre de nombreuses activités, donnant l’impression d’un comportement infatigable. L’euphorie dure au moins une semaine et peut être accompagnée de délires et/ou présenter des conduites à risque pour la personne et son entourage, nécessitant parfois le recours à une hospitalisation psychiatrique.

La phase maniaque peut être déclenchée par des événements traumatiques et se déclarer brusquement, à la suite : de situations conflictuelles avec ses proches, d’une séparation, d’un deuil, d’un accident violent, de difficultés professionnelles ou d’un licenciement, etc.

Les symptômes de la phase maniaque

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Les symptômes cliniques de la crise maniaque s’observent chez le patient sous la forme d’une hyperactivité, par son exubérance, ses idées démesurées et son enthousiasme débordant. Lors de la survenue d’une crise, son entourage habituel est submergé par l’humeur euphorique de l’individu qui s’exprime par des expressions affectives et sexuelles inappropriées ou inhabituelles. L’individu en crise ne comprendra pas les remarques de ses proches et continuera à développer des plans grandioses irréalisables.

« Psychopathologie, Manuel à l’usage du médecin et du psychothérapeute », (M. Delbrouck, 2007), dresse une liste des différents symptômes caractéristiques de l’épisode maniaque :

  • Augmentation de l’estime de soi

  • Distractibilité avec des troubles attentionnels

  • Réduction des besoins de sommeil

  • Présence d’une logorrhée verbale

  • Excitation psychique avec l’accélération des pensées et du discours

  • Excitation motrice et non productive

  • Excitation sexuelle

  • Délires ou hallucinations avec la présence d’idées de grandeur

En savoir plus :

http://fr.medipedia.be/troubles-bipolaires/manie/quest-ce-que-la-manie

Les symptômes des troubles bipolaires

Les troubles bipolaires et leurs symptômes

Dans les troubles bipolaires, la phase dépressive correspond aux symptômes dépressifs classiques, qui s’accompagnent de sentiments de tristesse, d’anxiété, d’un manque d’énergie ou d’intérêt pour les petites choses de la vie, de confiance en soi. La personne s’isole et ressent de la culpabilité ou de la colère, dans les phases dépressives majeures, elle peut également éprouver un grand désespoir au point de connaître un état mélancolique sidérant. Dans de sévères cas, la phase dépressive présente des idées suicidaires morbides ou des hallucinations.

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D’autres symptômes peuvent accompagner ces états de mal-être, tels que les troubles du sommeil et de l’appétit, une grande fatigue, des troubles cognitifs liés à l’attention et à la vigilance

L’ouvrage « Psychopathologie, Manuel à l’usage du médecin et du psychothérapeute », (M. Delbrouck, 2007), dresse une liste des différents symptômes caractéristiques de la phase dépressive dans le cadre d’un trouble bipolaire :

  • Sensation de fatigue chronique

  • Sentiment d’inutilité, d’impuissance et de désespoir

  • Problèmes de concentration

  • Perte ou gain de poids spontanés

  • Troubles du sommeil ou hypersomnie

  • Pensées suicidaires ou passage à l’acte

  • Perte d’intérêt pour les activités sociales ou plaisantes

  • Sensations de douleurs physiques sans cause organique

Quelques définitions sur les troubles de l’humeur

Définition des troubles bipolaires

Les troubles de l’humeur se caractérisent par leur chronicité et présentent quatre types d’épisodes thymiques : épisode dépressif, phase maniaque, hypomanie et épisode mixte.

Les individus qui présentent des troubles bipolaires ont des fluctuations d’humeur qui ont des conséquences psychologiques et sociales, l’intensité de l’humeur, qui s’exprime soit dans un versant de tristesse ou d’euphorie, génère une grande souffrance chez la personne et perturbe son équilibre psychique. Le terme bipolaire évoque à lui seul la mobilité de l’humeur circulant d’un pôle extrême à un autre.

definition-maladie-bipolaireSource de l’image : http://www.troubles-bipolaires.com/

Les troubles de l’humeur ? Oscillation entre des états de mal-être et des états d’euphorie

Le trouble bipolaire ou maniaco-dépressif se caractérise par des périodes de dépression suivies de phases maniaques, ces entités cliniques sont marquées par de brusques changements d’humeur. Ainsi, le patient oscille entre des états de mal-être et des états d’euphorie ou d’hyperactivité, avec des temps de rémission de 6 à 8 mois entre chaque période.

Les troubles bipolaires peuvent être de plusieurs formes et varier selon l’intensité des phases dépressives et des phases maniaques. Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) classe les troubles bipolaires selon trois catégories : le trouble bipolaire de type I, le trouble bipolaire de type II et la Cyclothymie.

La psychiatrie et les troubles bipolaires

Variantes de la psychose maniaco-dépressive

Le psychiatre allemand, E. Kraepelin, rédige son Traité de psychiatrie (1883-1915) dans lequel il expose une classification des maladies mentales. Son observation et sa pratique clinique, auprès de patients psychotiques, lui permet de distinguer deux entités morbides : les psychoses maniaco-dépressives et les démences précoces ou schizophrénies.

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En 1899 E. Kraepelin apporte des précisions nosographiques et parle de psychose maniaco-dépressive (PMD), il considère que la manie et la dépression ne sont en réalité que des variantes de la psychose maniaco-dépressive. En 1953 K. Kleist préfère employer les termes d’« unipolaires » et « bipolaires » en ce qui concerne les troubles de l’humeur. Dans les années 1960, la psychose maniaco-dépressive sera progressivement remplacée par une terminologie plus diversifiée, il sera question de dépression unipolaire, de spectre bipolaire ou de troubles bipolaires (TBP).

Différences entre psychose maniaco-dépressive et troubles bipolaires

Pourquoi avoir différencié la psychose maniaco-dépressive des troubles bipolaires ? La différence réside dans le simple constat qu’un certain nombre de patients présentait des troubles de l’humeur avec une oscillation entre des phases dépressives et des épisodes maniaques, sans pour autant présenter des délires ou des hallucinations. Pour les patients présentant un trouble bipolaire, le lien à la réalité est préservé, tandis que dans le champ clinique de la psychose, l’identité de l’individu est morcelée et le rapport du sujet à la réalité est fortement perturbé.

Certains auteurs considèrent que les troubles bipolaires sont à rapprocher des troubles narcissiques ou états limites. La psychose maniaco-dépressive représente alors une entité clinique se rapportant à la psychose, le patient présentant alors une alternance brusque entre des phases dépressives et des épisodes maniaques, accompagnée d’une rupture avec la réalité.

Pour en savoir plus :